Le cerveau du bébé : un instrument qui prédirait pour apprendre

cerveauJe tenais à partager avec vous quelques « perles » trouvées dans le passionnant ouvrage C3RV34U, catalogue de l’exposition neuroludique de la cité des sciences, dirigé par Stanislas Dehane.

 

Le cerveau de bébé prédit et apprend de ses erreurs de prédiction

Au lieu de concevoir le cerveau du bébé comme réagissant uniquement aux stimuli extérieurs, les hypothèses actuelles en font plutôt un instrument de prédiction.

Le cerveau calculerait en permanence ce qui doit se passer en fonction de ce qui s’est passé jusque-là, et c’est l’erreur dans la prédiction qui permettrait l’apprentissage car elle nécessiterait une révision des connaissances a priori.

Cette approche dément ce que nous pensions jusqu’alors en prouvant que les régions de haut niveau « apprennent » avant les régions de bas niveau. Ce fonctionnement éviterait que le cerveau ne soit submergé par la quantité de nouvelles informations en guidant dans une voie plus pertinente d’apprentissage.

 

Comment le bébé progresse-t-il ?

Les capacités linguistiques des enfants sont très élaborées dès leur naissance. Ils sont en effet capables de reconnaitre la voix de leur mère ou encore leur langue maternelle.

Ils associent les mouvements du visage à un son particulier (ouvrir la bouche fait /a/ tandis qu’étirer les lèvres fait /i/). Ils sont sensibles à des différences acoustiques minimes et sont capables de les négliger si elles n’ont pas d’importance linguistique.

A la fin de leur première année, les enfants ont acquis les caractéristiques sonores de leur langue (rythme, mélodie, phonèmes,…).

Ils sont aussi capables d’extraire des mots de la parole continue et d’associer les mots les plus fréquents avec des objets.

Vers 18-24 mois, c’est l’explosion lexicale. Le bébé prononce une dizaine de nouveaux mots chaque jour alors qu’il n’en prononçait qu’une cinquantaine jusqu’alors.

C’est à cette période qu’il sollicite énormément ses parents pour demander « et ça, c’est quoi ? ».

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Dès 2 ans, les enfants construisent la structure syntaxique de phrases qu’ils écoutent au fur et à mesure que les mots se présentent, sans attendre la fin de la phrase.

L’incongruité est détectée bien avant de comprendre le sens car le rôle des mots dans les phrases est calculé.

Vers 3 ans, les bases du langage sont solidement acquises.

Parler n’est pas une activité solitaire

Ce sont les interactions sociales qui favorisent l’apprentissage : il y a d’étroites connexions entre le système linguistique et le système attentionnel et social.

Un bébé qui écoute sa maman met en jeu un réseau de régions qui appartiennent au systèmes attentionnel et émotionnel. Les réponses linguistiques sont donc amplifiées.

C’est une preuve que le plaisir et les émotions accroissent nos capacités d’apprentissage.

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