Quand une émotion en cache une autre

que se passe-t-il en moiComme nous l’explique Isabelle Filliozat, une émotion de substitution est une émotion exprimée à la place d’une autre. Elle se reconnait à ce qu’elle nous est familière.

Ainsi, si nous ressentons souvent de la peur, de la colère, si nous sommes régulièrement déprimés, il y a de fortes chances que cette émotion soit un leurre et que d’autres émotions soient inexprimées.

Quelles en sont les conséquences ? Comment s’en libérer ? Analyse et conseils.

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L’origine des émotions de substitution

Les émotions et les sentiments sont naturels et utiles. Ils se déclenchent en fonction de la satisfaction ou pas d’un besoin.

Les bébés, dont le cerveau est encore immature et qui ne possèdent pas de « filtre émotionnel », expriment ainsi clairement leurs émotions et sont incapables de les contrôler seuls, ni de subvenir directement à la satisfaction du besoin déficient.

L’origine des émotions de substitution se situe dans la répétition de certaines situations, au cours du développement de l’enfants, dès les plus jeunes années.

Par exemple, les parents qui ne cessent de nier, d’interdire ou de moquer les émotions de leurs enfants vont provoquer une réaction de répression ou de remplacement par une émotion plus « autorisée ».

Cette notion d’interdit clair ou suggéré est centrale. Un enfant à qui on fait comprendre que sa tristesse n’est pas acceptable, va la remplacer par de la colère ou encore de la peur.

 

Marina ne peut pas éprouver de la colère…

Isabelle Filliozat raconte l’histoire de Marina qui est incapable d’éprouver de la colère parce qu’elle ne veut pas ressembler à son père et aussi parce qu’elle a définitivement remplacé la colère par de la tristesse car la peur de son père est toujours présente.

Même quand elle évoque un évènement douloureux comme une lourde humiliation publique infligée par son père, ce sont des larmes de tristesse qui coulent. Elle ne parvient pas à éprouver de colère.

 

Les conséquences des sentiments de substitution ne sont pas anodines. Lorsqu’on substitue un sentiment à un autre, il se crée une sorte de dissonance interne qui crée un malaise permanent issu de besoins non identifiés et donc non assouvis. De plus, les émotions réprimées ont tendance à revenir avec plus de force (les élastiques).  Afin de retrouver un équilibre et se libérer de ces automatismes, il faut commencer par prendre conscience du mécanisme qui s’est mis en place progressivement au fil du temps. Les questions suivantes vont vous y aider.

 

Les questions pour démasquer les émotions de substitution

Y a-t-il une émotion qui vous est plus familière que les autres ?

Y a-t-il une ou plusieurs émotions que vous ne vous autorisez pas ?

Comment avez-vous appris à réprimer cette émotion ?

Comment vos parents réagissaient-ils quand vous manifestiez de la colère ? de la peine ? de la peur ? de la joie ?

Vous êtes-vous interdit cette émotion pour ne pas risquer de « faire de la peine » à vos parents ?

Avez-vous simplement copié vos parents ? Eux-mêmes n’exprimaient pas cette émotion ?

L’avez-vous exclue de votre répertoire pour justement ne pas ressembler à vos parents ?

 

Redécouvrir la palette de ses émotions

Une fois que vous aurez répondu aux questions précédentes, vous pourrez entamer des actions pour vous redonner le droit d’exprimer vos émotions.

Pour cela, je vous invite à commencer par acquérir le vocabulaire adéquat et à ressentir les émotions dans votre corps avec ces outils.

Puis à revisiter mentalement les expériences que vous avez vécues dans le passé afin d’y associer les bonnes émotions, celles que vous venez de redécouvrir.

L’écriture est un moyen efficace pour poser la bonne couleur sur vos souvenirs et vous doter de la meilleure palette émotionnelle pour ce que vous vivez au présent.

 

Afin de vous entrainer, je vous conseille de lire des romans et de faire des exercices de devinette à propos des émotions ressenties par les personnages de fiction. Pourquoi cette étape ? Parce que le fait que ce soit une fiction fera sauter des blocages mentaux qui pourraient entraver votre re-apprentissage émotionnel.

 

Conseils supplémentaires :

– pratiquez la méditation qui vous enseignera comment observer sans juger ce qui se passe en vous.

– inscrivez-vous à des cours de théâtre pour mimer les émotions.

– écoutez des styles musicaux différents et notez les émotions qui font écho en vous.

– formez-vous à la communication non-violente qui vous apprendra à identifier les besoins qui se cachent derrière les émotions.

– adonnez-vous à une activité artistique où les couleurs et les formes vous aideront à vous libérer de votre charge émotionnelle.

 

 

Message aux parents :

Toutes les émotions sont utiles. Je vous invite à pratiquer une écoute bienveillante afin d’aider vos enfants à développer leur intelligence émotionnelle.

Vous trouverez des conseils dans ces articles :

Les expressions anti-émotion à éviter avec les enfants

Les 6 façons d’écouter les émotions de l’enfant

Les 17 permissions à donner aux enfants pour leur épanouissement (à vie)

 

Et voici des outils :

15 Outils astucieux pour aider les enfants à gérer leurs émotions (+ infos utiles)

Outils : vocabulaire et cartographie des émotions

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