Les phrases à dire à un enfant qui ment

Les phrases à dire à un enfant qui ment

Paul Ekman a listé les 9 raisons qui nous poussent à mentir. La plus fréquente est la numéro 1 : pour éviter d’être puni.

Les voici :

1) Pour éviter d’être puni.
C’est le mobile le plus répandu.

2) Pour obtenir une récompense impossible à obtenir autrement.

3) Pour protéger quelqu’un d’un châtiment.

4) Pour se protéger d’une menace physique. 

La menace est différente du châtiment, car elle n’est pas la punition d’un méfait.

5) Pour gagner l’admiration d’autrui.

6) Pour échapper à une situation sociale gênante.

7) Pour éviter une gêne.

C’est par exemple un enfant qui prétend qu’il a renversé un verre d’eau sur lui alors qu’il s’est oublié. Cet exemple n’est valable que dans le cas où l’enfant sait qu’il n’aura pas de châtiment.

8) Pour garder une certaine intimité, sans faire de mise en garde préalable de l’intention de conserver certaines informations comme privées.

9) Pour exercer un pouvoir sur autrui en contrôlant l’information dont bénéficie la cible.

Cette liste est primordiale car elle vous donne des indications pour aider votre enfant. L’objectif est de faire disparaitre ces sources de mensonge. Le travail est parfois long mais s’avère très payant pour le reste de sa vie.

 

Les phrases à dire à un enfant qui ment

Maintenant que nous avons posé le cadre de ce mensonge, voyons ce que nous pourrions dire à un enfant qui ment :

 

« Non, ce n’est pas la vérité. La vérité est … » 

En effet, il est nécessaire de reprendre l’enfant qui ment (quand on s’en rend compte) sans quoi, le mensonge pourrait vite devenir une habitude.

 

« Ok, le verre est tombé. Je ne cherche pas de coupable et une maladresse est vite arrivée. Mais j’apprécierai une aide pour réparer les dégâts. » 

Cette phrase contient de nombreux messages :

– je ne cherche pas de coupable donc inutile de mentir pour se protéger.

– la maladresse est normale.

– la réparation d’une maladresse est louable (et constitue une solution déculpabilisante au mensonge).

Ainsi, les débats sont orientés sur les solutions et la valorisation des actes responsables.

 

« Dis-moi simplement « papa, j’ai accidentellement rayé ta voiture ». Ainsi, je pourrai envisager les solutions possibles et tu auras l’occasion de m’aider à réparer. » 

Suggerer une phrase pour éviter de mentir soulagera votre enfant (avec le motif de l’accident). L’information supplémentaire est que la connaissance rapide de la vérité permet de limiter les dégâts en commençant à réfléchir aux solutions.

 

« J’ai besoin de pouvoir te faire confiance pour t’accorder plus de responsabilités. »

Cette phrase motivera votre enfant à ne pas trahir votre confiance afin que vous l’aidiez à grandir en le responsabilisant. Cela permet de rappeler aussi des valeurs comme l’honnêteté.

Vous pouvez aussi lui dessiner une jauge de « capital confiance » qui diminue en fonction des tromperies et autres mensonges mais qui peut aussi se recharger par des modifications de son comportement.

 

« Je sais que tu a menti pour protéger ton copain. J’apprécie ta loyauté envers lui. Je serais encore plus fier de toi si tu montrais une autre forme de loyauté en révélant la vérité. Ceci permettra peut-être de réparer ce qui peut encore l’être et ton copain t’en sera reconnaissant. »

On loue l’aspect positif (la loyauté) et on offre une solution plus honnête.

 

« Lorsque nous mentons, notre cerveau est occupé à garder une histoire inventée en tête. De plus nous éprouvons une tension constante et de la culpabilité. Cette préoccupation gâche les autres plaisirs. Ne serait-ce pas plus simple de se libérer pour trouver des solutions plutôt que de cogiter sur le passé ? »

Ce discours et cette proposition non orientés vers votre enfant lui permettra de se dissocier de sa situation pour y revenir y réfléchir selon cette nouvelle perspective.

 

« Casser le vase t’a fait ressentir des émotions désagréables comme la culpabilité. Inventer un mensonge a doublé ta peine. C’est le double effet négatif des mensonges. De plus, dire la vérité permet de trouver des alternatives à plusieurs et non plus seul. »

Même idée que précédemment avec cette notion de double peine morale.

 

« Et moi je viens de m’inscrire pour sauter à l’élastique avec des palmes et un tuba ! »

L’humour est un moyen de changer l’humeur d’un enfant. Il aura ainsi moins peur de révéler son mensonge.

 

« Crois-tu que Zoé t’a menti sur ce sujet ? Que ressentirais-tu si c’était le cas ? »

Travailler l’empathie permet à l’enfant de s’améliorer et de développer son intelligence relationnelle.

 

Une fois que votre enfant a révélé un mensonge, voici ce qu’il est bon de dire pour favoriser le renforcement positif :

 

« J’apprécie que tu m’ais dit la vérité. Je suis aussi heureux que tu te sois libéré de ce mensonge. »

« Même si tu m’as menti aujourd’hui, je sais que tu préfères généralement la vérité. »

 

Conseils supplémentaires

Je souhaitais rajouter quelques conseils :

– si vous mentez vous-même, ne soyez pas étonné de retrouver votre reflet chez votre enfant (neurones miroirs)

– si vous punissez et menacez, vous donnez d’excellentes raisons de mentir et de créer une habitude chez votre enfant.

– je vous conseille de renforcer la confiance en soi de votre enfant afin qu’il n’ait pas besoin de mentir pour gagner l’admiration des autres (ces 3 articles vous y aideront : article 1, article 2 et article 3)

– ne le traitez pas de « menteur ». Toutes les étiquettes sont néfastes.

– montrez-vous bienveillant mais appliquez une discipline basée sur des règles établies ensemble (voir cet article).

– ne l’insultez pas, ne le punissez pas, ne le comparez pas, ne le jugez pas si vous ne voulez pas déclencher de mécanismes de défense et des traumatismes sur le long terme.

– à chaque fois que l’issue de la révélation d’un mensonge est positive, faites un feedback pour valoriser l’association vérité/action constructive.

 

Nous travaillons en ce moment sur un ebook à propos de la parentalité « épanouie ».

Pour être informé de sa disponibilité, n’hésitez pas à vous abonner à cette newsletter dédiée aux parents :

[wysija_form id= »3″]

 

5 réponses

  1. Géneau Sandrine dit :

    Bonsoir, une petite fille âgée de 9-10 ans s’est liée d’amitié avec moi. Elle a un handicap (mental) qu’elle m’a juste mentionné. Mais je n’en sais pas plus. Elle s’était présentée sous le prénom de Coraline. J’ai appris par la suite que ce n’était pas son vrai prénom. Je lui ai dit que je connaissais la vérité. Elle a continué à nier et demander à ce que je l’appelle Coraline. Je lui ai dit que ce n’était pas la vérité mais que je pouvais l’appeler Coraline si elle souhaitait. Je continue donc à l’appeler ainsi. Elle insiste même souvent pour que je prononce son prénom, lorsque nous sommes seules, ou devant les autres. Ce mensonge semble lié à une situtation sociale gênante. Comment dois-je faire ? A-t-elle le droit de se faire appeler autrement que par son prénom de naissance ?

  2. Si elle veut être appelée Coraline, ce n’est pas un mensonge, c’est son droit en fait…

  3. Nancy dit :

    Regarde le film Coraline, je crois qu’il peut y avoir des réponses.

  4. Caro dit :

    Ceci semble n’avoir rien d’un mensonge, en plus dans un cas de handicap mental. Je me souviens de ma filleul de 3 ans qui voulait se faire appeler princesse Sofia. Ses parents et moi sommes entrés dans son jeu et on l’appelait ainsi de temps en temps. Nous avons ensuite compris que c’était à cause de l’admiration qu’elle avait pour le personnage, et cela lui a rendu satisfaction. Probablement qu’en regardant le film Coraline, vous trouverez des réponses. Et l’appeler ainsi n’aura rien de mal, juste de la satisfaction pour elle.

Envie de réagir ?

Envie d’avoir une vie plus positive ? Rejoignez-nous sur Facebook ! 🙂