Le syndrome du sauveur : entre dépendance, souffrance et confusion d’amour

Le sauveur est un des côtés du triangle de Karpman (voir cet article), connu également sous le nom de triangle dramatique, qui représente les relations entre trois rôles d’un jeu psychologique dangereux : le Persécuteur – le Sauveur – la Victime. Il peut donner lieu à un véritable syndrome source de souffrance et de dépendance dans la mesure où il cache des véritables besoins inassouvis (comme celui de reconnaissance, de se sentir utile) et nait d’une confusion autour de l’amour et d’une profonde mésestime de soi.

« C’est parce que je t’aime que je t’aide ».

Or la personne en face n’a pas forcément besoin  de cette aide qu’elle n’a pas réclamée. Ce qu’elle souhaite avant tout est de ne pas être « victimisée » mais se sentir aimée inconditionnellement et ainsi garder toute autonomie et liberté sans nourrir de sentiment de culpabilité en ne pouvant par exemple pas retourner l’aide dont elle bénéficie.

 

triangle-de-karpman

Voici les explications de Sylvie Tenenbaum :

Comment « guérir » de ce syndrome du sauveur ?

  • Le premier point est de prendre conscience de sa présence. C’est l’objectif principal de cet article. Cette prise de conscience peut aussi mener sur les traces de nos « modèles » d’amour (comme celui de nos parents). Car nous avons pu en effet assister à cette relation de dépendance depuis nos plus jeunes années et elle a intégré nos schémas de pensées. Nous pouvons aussi jouer le rôle du sauveur en voulant corriger symboliquement ce passé.
  • Si vous souffrez du syndrome du sauveur,  il est essentiel de travailler sur votre estime personnelle car son déficit est une des causes de cette tendance. Cela peut passer par une thérapie, par des lectures, par un dialogue avec un enfant intérieur, etc. (voici une technique de Nathaniel Branden et un article de Christophe André)
  • Transformer le syndrome de dépendance en altruisme : l’altruisme implique de donner sans rien attendre en retour. Ainsi, en prenant l’habitude de donner ainsi (en autorisant tout de même l’autre à rendre comme il le souhaite), on gomme progressivement le syndrome du sauveur. (voir cet article).
  • Exprimer nos émotions et demander ce dont nous avons vraiment besoin. Ce conseil semble simple mais ce n’est pas forcément le cas. En effet, il implique de s’autoriser à éprouver des émotions, les accepter, les verbaliser sans accuser, identifier le besoin puis formuler une demande. Ce processus de communication est la CNV (voir cet article).
  • S’aimer soi-même : l’auto-compassion encourage à s’accepter et à s’aimer soi-même. C’est une condition de base pour aimer les autres de façon saine. (voir cet article)
  • Pour celles et ceux qui sont en position de victime, testez cette méthode des bonshommes allumettes pour vous libérer et n’hésitez pas à vous former à la CNV (communication  non-violente).

Lectures :

Victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ? de Christel Petitcolin

Le syndrome du sauveur : Se libérer de son besoin d’aider les autres de Marilyn Krieger et Mary C. Lamia

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