Neurosciences : 10 techniques simples pour faciliter l’apprentissage des enfants (et leur bonheur)

Comment aider un enfant à apprendre ? Catherine Gueguen a une idée très précise du sujet grâce à ses connaissances dans le domaine des neurosciences affectives. Cette idée pourrait changer la vie de nombreux parents et enseignants.

Je vous invite à découvrir 10 techniques simples à mettre en place dès maintenant.

Prérequis

Les ennemis du cerveau 

  • Le stress et la peur

Le stress est l’ennemi numéro 1 du cerveau. Il altère l’hippocampe lieu de la mémoire et de l’apprentissage. En cas de stress, le cortisol sécrété dans le cerveau active l’amygdale, siège de la peur. L’enfant n’est plus capable d’écouter et d’apprendre. Si les situations stressantes perdurent, les neurones de l’hippocampe se multiplient moins et peuvent même se détruire. Il a été prouvé également que la maltraitance verbale et physique diminuait le volume de l’hippocampe.

 

Les amis du cerveau : 

  • Le soutien, les encouragements 

Soutenir, encourager augmente et développe le volume de l’hippocampe. Cela booste donc la mémorisation et l’apprentissage.

 

  • L’écoute, l’empathie, la bienveillance

Quand les enseignants sont empathiques et chaleureux, il y a sécrétion d’ocytocine qui est a l’origine de l’apparition de trois autres molécules : la dopamine, les endorphines et la sérotonine. Elles ont pour effet d’apaiser les enfants tout en les rendant plus attentifs, créatifs, motivés et heureux d’apprendre.
En effet, l’ocytocine favorise l’empathie et augmente le bien-être. La dopamine stimule la motivation, la créativité et le bien-être. Les endorphines contribuent au bien-être. La sérotonine stabilise l’humeur.
La bienveillance s’exprime : par une intention, par une attitude (regards, gestes, sourires, postures), par des mots (pas de critique), … chaque détail compte. Les enfants observent les signes verbaux et non-verbaux. Donc…renforçons nos intentions et pensées positives.

 

  • Le jeu

Ce qui donne de la joie à l’enfant est bon pour son développement cérébral : jouer, rire, s’amuser, grimper, courir sont indispensables et font maturer le cerveau. Une molécule appelée le BDNF est sécrétée et assure le bon développement du cerveau intellectuel et affectif. Cette molécule intervient dans la prolifération, la survie, la différenciation des neurones et leurs connexions.

A l’inverse, le stress diminue le BDNF cérébral.

 

  • La curiosité

Du point de vue neurologique, l’imagerie par résonance magnétique a révélé que l’activité du mésencéphale et du noyau accumbens était renforcée pendant des états de haute curiosité.

Plus important encore, le mésencéphale et l’hippocampe semblent dialoguer plus vivement.

Le mésencéphale régit des fonctions élémentaires comme l’attention tandis que le noyau accumbens joue un rôle important dans le système de récompense, le rire, le plaisir.

L’hippocampe joue un rôle central dans la mémoire. Bref, la curiosité rend heureux et facilite l’apprentissage.

Les techniques positives

  • La respiration (et la méditation pleine conscience) :

Et si on apprenait à respirer à l’école ? La respiration est un moyen d’évacuer le stress et de revenir dans l’instant présent. Au delà de la respiration, l’apprentissage de la méditation est un véritable cadeau pour l’avenir des enfants. Mes trois livres références sur le sujet sont : « Calme et attentif comme une grenouille » , « Un coeur tranquille et sage » et « tout est là juste là« .

  • Le jeu sous toutes ses formes : le jeu apporte de la joie et stimule les interactions/manipulations. Le cerveau adore cela ! Donc trouvons des prétextes pour transformer les exercices en jeux et profitons-en pour prôner le jeu collaboratif. Le choix des supports d’apprentissage est aussi important par rapport à l’ancrage positif.

Exemple : utiliser des Lego pour apprendre les mathématiques.

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  • Les devinettes : les devinettes et autres énigmes attisent la curiosité. Celle-ci facilite l’apprentissage et rend heureux comme évoqué plus haut. Utile et agréable !
  • Les mandalas : ils permettent, au choix : de se concentrer ou de s’apaiser. Voici un exemple.

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  • La verbalisation des émotions : aider les enfants à verbaliser leurs émotions afin qu’ils les accueillent et apprennent à les gérer. Cette stratégie renforce également l’estime de soi et la capacité à prendre des décisions. De plus, cette verbalisation facilitera l’intelligence sociale via l’empathie. Voici des outils pour exprimer les émotions. Notez que la lecture est également un fabuleux simulateur d’émotions. 🙂

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  • Les encouragements : il existe une manière idéale pour encourager : remarquer en décrivant ce que vous vous voulez que l’enfant reproduise plus tard et en exprimant à la première personne ce que vous ressentez. Ainsi, il n’y a pas de jugement de valeur et l’enfant repasse le film de ce qu’il a fait pour mieux le mémoriser. Isabelle Filliozat nous l’explique ainsi :
    « Pour renforcer positivement le comportement de l’enfant, il est important qu’il se souvienne de ce qu’il a fait et donc que quelqu’un le remarque verbalement avec une description. Ainsi, pour que l’enfant revoit mentalement l’action, il suffit de décrire ce que l’on voit. Cette marque d’attention va déclencher de la joie chez l’enfant. Cette joie déclenche la synthèse de protéines qui vont renforcer la gaine de myéline des neurones impliqués dans cette action et coder le passage de l’influx nerveux qui a permis cette action. L’enfant va donc plus facilement réitérer l’action réussie. »Lire : Pourquoi vous ne devriez plus dire « c’est bien » à votre enfant.
  • La gratitude : un exercice de gratitude à la fin de la journée est un moyen de se focaliser sur les meilleurs aspects de l’expérience et cela incite à plus de pleine conscience, et donc de bonheur. Vous pouvez même en faire une activité artistique avec cette idée de jardin de sagesse.

Activité _ Le jardin de sagesse (et de bonheur)

  • L’altruisme : l’altruisme rend heureux. Multipliez les actes altruistes au sein de la famille ou de la classe. Ces actes peuvent aussi être dirigés vers l’extérieur : aider les enfants malades, échanger avec des écoles dans des zones défavorisées, collecter de bouchons, protéger la planète, etc.

Pour aborder la notion d’altruisme, vous pouvez leur raconter cette histoire :

les trois grains de riz 2

Et pour des idées d’actions : « aider les autres » d’Anne-Marie Thomazeau

aider les autres

  • le mouvement : bouger facilite l’apprentissage. Et si vous pouvez bouger dans un environnement naturel, c’est encore mieux.

 

  • Les images et les schéma : le cerveau préfère les images au texte. Utilisez des schémas (et des mindmaps) !
  • La communication non-violente :

La communication non-violente permet aux enfant d’exprimer leurs émotions, de connaitre leurs besoins et de répondre pacifiquement et efficacement aux actes de violence. Elle confère une grande confiance en soi.

La phrase de base de la communication non-violente est :

« Quand je vois/j’entends [cette situation], je me sens [émotion ressentie] car j’ai besoin de [expression du besoin]. Je demande donc [requête pour satisfaire le besoin]»

  • Les histoires et la lecture :

La lecture et le fait de raconter des histoires permet aux enfants de développer leur empathie, leur vocabulaire, leur créativité, leur concentration, leur intelligence émotionnelle… Bref, appuyez-vous sur les histoires et invitez les enfants « à jouer le jeu » dans votre cabane magique . Ils vont adorer. 🙂

 

Les techniques négatives :

  • les comparaisons, les notes, la compétition
  • les menaces
  • les cris
  • les punitions
  • les récompenses
  • les ordres

Source des explications neuroscientifiques : « Vivre heureux avec son enfant » de Catherine Gueguen

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