Education : « Lâcher prise n’est pas laisser faire ! »

Face à l’opposition d’un enfant de 3 ans qui découvre le sensation de lui-même (le « je ») et clame ainsi son existence, nous pourrions être tentés de crier, de vociférer des ordres et de rentrer dans un combat d’ego (« tu ne m’auras pas ! »). Isabelle Filliozat nous conseille plutôt de lâcher-prise temporairement.

Car, au fond, ce n’est pas le contenu de ce que nous exprimons qui lui pose problème mais plus la forme avec laquelle le message est passé. Et si nous entrons dans une spirale du stress et de la colère, nous provoquons une confusion supplémentaire dans le cerveau de notre enfant, jusqu’au blocage ou au réflexe primaire de défense/attaque/agressivité. Quand on impose avec force, l’autre s’oppose avec encore plus de force.

L’enfant préfère peut-être tenter de faire les choses à sa manière, ou ne pas les faire du tout pour le moment, ne comprenant par exemple pas l’urgence de la situation (avant 6 ans, la notion de temps n’est pas acquise) ?

Ainsi, pour faire baisser la pression, nous pouvons, sous réserve que la situation ne soit pas dangereuse pour l’enfant, lâcher prise. Sinon, la règle est la règle, il en va de l’intégrité de l’enfant (l’éducation positive est aussi de la fermeté, mais pas de la violence).

Dans la situation ci-dessous, le pyjama est peut-être finalement assez chaud pour sortir. Si cette idée vous horrifie et si vous vous dites « mais que vont penser les autres si je le laisse sortir comme ça ? », rassurez-vous car il y a des chances que la phrase « OK, tu peux y aller en pyjama » déclenche une réaction de l’enfant qui va finalement s’habiller de son plein gré. En effet, quand il n’y a plus de résistance, on se comporte différemment. 🙂

Et c’est cela qui est essentiel. Nous ne sommes que plus engagés lorsque nous décidons. Alors, veillons à ce que l’enfant apprenne à décider selon nos attentes de parents (et le « bon sens », principe subjectif s’il en est).

Parmi les façons de lâcher prise, vous pouvez aussi :

  • Faire preuve d’humour : « Ok, tu y vas en pyjama, on y va aussi avec ton lit au lieu de la voiture. Ce sera plus simple pour circuler. Tu m’aides à poser les roulettes et le moteur. Comment pourrait-on fabriquer un volant ?  » ou encore « J’espère que ton copain Paul pensera à venir aussi en pyjama. Vous pourrez peut-être même faire une bataille de coussins ! »  ou « Ok, je viens aussi en pyjama, tu sais, celui qui est vraiment HORRIBLE !!! »
  • Décrire les conséquences : « En y allant en pyjama, tu ne pourras pas jouer dans le parc pour des raisons de sécurité. »
  • Proposer des choix et compatir : « Je vois que tu ne veux pas mettre tes habits dans cet ordre. Tu préfères peut-être commencer par les chaussettes ? »
  • En jouant : « Et si on habillait ta peluche en même temps ? »

 

Source : « J’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat

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