A propos des punitions…(+ 7 alternatives à découvrir)

J’aime beaucoup cette citation d’Isabelle Filliozat.

« Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espèce humaine ne commettrait plus de crime. »

 

Toutes les études le démontrent, les punitions (comme toutes les autres formes de violence) sont inefficaces sur le long terme et causent des dégâts psychologiques chez l’enfant (et le futur adulte) en plus de dégrader ses compétences sociales. Il existe des options  bienveillantes pour parvenir à modifier le comportement des enfants avec des effets pérennes et une augmentation conséquente de leur autonomie.

En voici  7 issues du livre « Eduquer sans punir » de Dr Thomas Gordon.

 

7 alternatives aux punitions

  • Découvrir le besoin de l’enfant

Les comportements « inacceptables » du point de vue des parents sont en réalité des tentatives de satisfaction de ses besoins pour un enfant. C’est donc sur ce besoin qu’il est essentiel de concentrer notre réflexion et nos actions. La punition s’attaque aux conséquences (le comportement désapprouvé) mais non à la cause (le déclencheur de ce comportement). Cette recherche du besoin, plus difficile dans les premières années, est facilitée avec l’apprentissage du langage car il « suffit » alors d’écouter avec empathie et de questionner pour comprendre.

  • Faire un échange

    Si un enfant s’amuse avec un objet fragile, plutôt que de stopper son geste, de retirer brutalement l’objet, de crier et de s’exposer par là-meme à une tempête émotionnelle contagieuse, substituez calmement l’objet du jeu à un autre acceptable. Ainsi, l’enfant pourra continuer à se divertir.

  • Modifier l’environnement

    Si vous répétez souvent les mêmes messages/interdits à votre enfant relatifs à des éléments de l’environnement, c’est qu’il est peut-être temps de se faciliter la tâche en modifiant l’environnement même.
    Si vous ne souhaitez pas qu’il touche à la télécommande, mettez-la hors de portée et disposez des sources d’exploration et de jeu au niveau de l’enfant. De la même manière, il est intéressant de délimiter une surface de jeu sécure (avec des gros coussins par exemple). Dans la même logique, si le coucher est compliqué, créez un environnement calme et apaisant : lumière douce, musique apaisante en sourdine, un livre de conte prêt à être lu, un rituel de gratitude, etc. La TV, les tablettes et autres activités excitantes n’ont pas leur place à ce moment-là.
    Idées d’adaptation de l’environnement :
    – utiliser des verres et des tasses en plastique
    – mettre sous clé les médicaments et autres objets dangereux
    – fermer les portes

  • Emettre un message « je » au lieu de « tu » de réaction (après un comportement)

    Le message « je » est très puissant. Il consiste à remplacer un reproche ou une accusation (sources de stress, de culpabilité et à l’origine de comportements de défense) par un message « je » précédé d’un descriptif de ce que nous voyons (sans porter aucun jugement).
    « Quand le volume de la télévision est trop élevé, je ne peux parler à papa. » Ainsi, l’enfant comprend que son aide est requise et l’adulte prend la responsabilité du problème tout en exprimant son propre ressenti.
    Les inconvénients de message « tu » : quand on dit par exemple « tu m’énerves », « tu me rends fou/folle », « tu m’as donné mal à la tête avec tes bêtises » :
    – on néglige/ignore les besoins d’autrui
    – on fait naitre la culpabilité et on blesse
    – on suscite l’envie de riposter sur le même ton et avec la même méthode d’avilissement
    – on déclenche des oppositions, des insultes et des disputes avec leur lot d’émotions désagréables
    – on affaiblit le lien affectif et on génère de l’insécurité

  • Emettre un message « je » au lieu de « tu » de prévention (avant un comportement)

    L’expression avec un message « je » responsabilise et développe l’autonomie de l’enfant. Il est encore plus efficace AVANT qu’un comportement ne se produise. En effet, cela permet à l’enfant de visualiser une situation future et de réfléchir aux solutions « acceptables ». Il s’agit tout simplement d’une demande appuyée par une expression émotionnelle.
    « J’aimerais que tu me préviennes lorsque tu ne prévois pas de rentrer tout de suite après l’école. Je me sentirai plus sereine. »
    Cette anticipation peut aussi prendre la forme de règles établies en collaboration avec l’enfant et affichées pour pouvoir s’y référer. L’enfant participe à l’élaboration et est donc plus engagé ainsi.

  • Ecouter l’enfant et faciliter la verbalisation émotionnelle

    Avant de parler, écoutons et montrons une attitude empathique pour permettre aux émotions excessives (qui bloquent les capacités de raisonnement) d’être libérées. Ecoutons donc et reformulons ce que nous entendons. Vous trouverez un exemple dans cet article sur l’écoute active.

  • Proposer des choix et convenir d’une solution qui satisfait tout le monde

    Afin de guider l’enfant vers une solution acceptable, proposez-lui des choix ou des solutions.

 

 

Pour résumer :

Mes préférences dans ces options vont vers le message « je », l’adaptation de l’environnement, l’établissement de règles et la proposition de choix. C’est ainsi que je pratique principalement en intégrant l’humour, le jeu et une bonne dose de communication non-verbale. Parmi les besoins évoqués dans l’option 1, retenons : le besoin d’amour, d’attention, de se sentir utile, d’être en sécurité, de bouger, d’exprimer ses émotions, … Au fond, ce sont des besoins qui nous animent tous (en plus des besoins physiologiques de base).

Il est aussi important de prendre conscience que la violence éducative se transmet et laisse des blessures profondes qui conditionnent la vie. Ce n’est pas en écrasant une fleur qu’on l’aide à grandir, au contraire. Cela ne la rendra pas plus résistance ni résiliente. C’est d’eau, de soleil et de soins qu’elle a besoin pour grandir et exprimer toute sa beauté.

 

J’espère que cet article vous aidera. Je vous invite à continuer la lecture avec le livre de Thomas Gordon :

« Eduquer sans punir »

éduquer sans punir

Disponible sur

 

 

Source de la citation : « il me cherche » d’Isabelle Filliozat.

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