« Je suis en colère contre toi » « Je suis énervé contre toi » : deux expressions à éviter avec les enfants

« Je suis en colère contre toi » « Je suis énervé contre toi » : je n’aime pas ces deux expressions pour plusieurs raisons.

  1. L’acte est différent de la personne
    Sommes-nous en colère contre quelqu’un ou par rapport aux conséquences des actes de cette personne ? La nuance est importante car lorsque nous, parents, nous concentrons sur les actes des enfants, il est possible de les changer car la personne ne sera pas blessée personnellement et qu’elle comprendra qu’on lui demande de changer de comportement (pour peu que nous exposions clairement ce que nous attendons)
  2. « Contre » implique une confrontation
    « Être en colère contre » implique que nous sommes au bord du conflit et que l’attaque va être frontale. Ceci fait donc naitre un sentiment de danger (et de la peur/culpabilité/colère). Ce « danger » active l’amygdale, siège du cerveau émotionnel, et découle sur des réactions d’attaque/défense/paralysie. Psychologiquement, être « contre » quelque chose ou quelqu’un, ce n’est pas être « avec ».
  3. « Contre » dans ce contexte suggère la violence plutôt que la bienveillance. Or, la violence mobilise des ressources qui bloquent l’apprentissage et l’empathie.
  4. « Contre » évoque le fait que l’enfant est aussi dans une confrontation volontaire. Qu’il fait exprès d’agir ainsi. Or c’est de l’aldultomorphisme (prêter des intentions d’adulte à un enfant).

Lorsqu’un enfant entend ce type de phrase, il panique et est blessé de décevoir ses parents. Ces réactions peuvent être agressives (réflexe de défense). Mais il n’a aucune clé pour changer.

Ainsi, il est préférable de :

  • Faire une pause et nourrir une intention de collaboration (au lieu de confrontation) : l’enfant a besoin de nous pour apprendre
  • Décrire les actes de l’enfant et dire que nous ne sommes pas contents (avec un message « je »). 
  • Évoquer une réparation ou une alternative claire.
  • Faire un bilan ce que l’enfant a compris ou pas.
  • Chercher la cause du comportement comme une émotion ou du stress. 
  • Réparer la relation en se rapprochant (car le but est que chacun évolue)

 

« Quand nous cesserons de penser que nous sommes menacés par un enfant aux intentions malfaisantes, nous remplacerons naturellement le « contre » par le « avec » et les relations s’apaiseront rapidement ! L’enfant n’aspire qu’à être aimé et donc à collaborer avec son parent. »

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