La machine anxieuse : ce qui maintient les soucis excessifs

« Le trouble d’anxiété généralisée (TAG) figure parmi les troubles d’anxiété les plus répandus » peut-on lire dans le livre « Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien ».

4 à 5 % de la population en souffrent. Il affecte deux fois plus les femmes que les hommes. 7% des personnes âgés sont touchées.

Ce TAG débute par des soucis qui prennent de plus en plus de place. Ils provoquent de plus en plus d’anxiété.

Bizarrement, ce trouble est le moins traité des troubles anxieux car :

  • Il passe souvent inaperçu du fait que les personnes qui se font du souci considèrent que c’est normal.
  • Les personnes atteintes consultent surtout leur médecin de famille relativement aux symptômes physiques associés au TAG.
  • Le TAG est encore méconnu.

Les personnes qui souffrent de TAG disent :

« C’est moi, je suis comme ça. »

« On ne peut pas changer la personnalité des gens »

« J’ai toujours cru que j’étais seulement un peu nerveux/se »

« J’aime mieux m’attendre au pire : ce sera moins dur si un malheur me tombe dessus »

Ce sont des croyances erronées qui empêchent de se soigner. Ainsi, le TAG suscite de l’épuisement et de la démoralisation chronique qui devient comme une seconde nature pour la personne qui en souffre.

Le problème est que le TAG ne guérit pas tout seul.

 

Le mécanisme du TAG

Le TAG a une origine multiple : génétique, psychologique et neurobiologique.

Les facteurs d’origine se rapportent aux éléments qui jouent un rôle dans l’apparition d’un problème alors que les facteurs de maintien concernent les situations, caractéristiques personnelles, croyances et comportements qui alimentent le problème.

Il est possible de traiter le TAG en agissant sur les facteurs qui entretiennent le soucis.

Notons une caractéristique commune aux personnes qui souffrent de TAG : l’intolérance à l’incertitude. C’est une tendance exagérée à trouver inacceptable la possibilité qu’un évènement négatif se produise. C’est donc un filtre qui colore la perception du monde et augmente les soucis.

L’intolérance à l’incertitude a 3 effets :

  • Elle favorise l’apparition et le maintien de croyances erronées concernant l’utilité du souci : « se faire du souci est utile » « se faire du souci permet d’éviter le problème »
  • Elle influe sur le processus de résolution du problème : quelqu’un qui perçoit de manière négative un problème qui se dresse devant lui aura du mal à exploiter ses aptitudes pour le résoudre même s’il en est aussi capable qu’une autre personne ne souffrant pas de TAG.
  • Elle participe à la tentative d’évitement des images mentales négatives : les images négatives sont remplacées par des soucis (verbaux) car les pensées paraissent plus tolérables.

Cette dynamique du TAG annihile la capacité d’adaptation pourtant présente dans chaque individu.

Le traitement du TAG

Les auteurs du livre « Arrêtez de vous faire du souci pour rien » ont mis au point un programme pour traiter le TAG. Il nécessite une participation active.

 

  1. Prendre conscience du souci et de l’anxiété 
    Cette étape permet de prendre conscience de la présence du souci et de mesurer son impact .
    Pour cela, il s’agit de trier dans un tableau de classification : jour et date/ nature du souci / type de souci : 1) Problème actuel 2) Problème éventuel / Durée approximative / Degré d’anxiété (de 0 à 8).
  2. Modifier le degré de tolérance à l’incertitude 
    Passer à l’action même si c’est inconfortable permet d’avoir plus de tolérance à l’incertitude. Il s’agit donc d’affronter les sources d’anxiété en s’engageant dans des actions qui calment les doutes et la peur. Ce passage à l’acte augmente la confiance en soi et motive. Pour avoir la force de s’engager dans ces actions il suffit souvent de « faire comme si » la tolérance à l’incertitude était grande. « J’agis comme si j’étais sûr(e) de réussir ? »
  3. Corriger les croyances
    Pour bannir la croyance que se faire du souci est aidant ou autres croyances erronées, on doit soit l’écrire sur une feuille et noter les avantages et les inconvénients de cette croyance soit trouver des preuves réelles qui permettront de la réfuter. Exemples : « je me suis fais du souci et j’ai pourtant raté cet entretien » ou bien « J’y suis allé avec confiance et sans réfléchir et tout s’est bien passé ».
  4. Améliorer l’orientation mentale à l’égard du problème 
    Il s’agit ici d’avoir une approche pragmatique en 5 étapes de la résolution des problème de type 1 : actuels.
    – Percevoir le problème comme un défi
    – Définir le problème et formuler des objectifs à atteindre
    – Chercher des solutions
    – Choisir une solution
    – Appliquer la solution retenue et évaluer les résultats
    – Recommencer si nécessaire.
  5. Diminuer l’évitement des pensées qui suscitent la peur
    Arrêter de penser à une peur est un ordre impossible à suivre. Mieux vaut affronter cette peur. On peut d’abord le faire par l’imagination (préparation mentale) ou dans la réalité, pas à pas en passant à l’action.
  6. Prévenir le retour des soucis
    Afin de prévenir le retour des soucis, commençons par lister les moments où nous sommes le plus vulnérables : surcharge de travail, fatigue, périodes de transition,… Ainsi nous serons préparés et ne succomberons pas aux soucis grâce aux techniques que nous aurons testées plus haut.
    Surtout : entrainons-nous en relisant les précédentes étapes et en passant à l’action au quotidien.

 

Source :

« Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien » de R. Ladouceur, L. Bélanger, E. Léger disponible sur :

 

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