L’empathie pour dissoudre la haine (Isabelle Filliozat)

Capture d’écran 2015-06-07 à 09.38.02Je souhaitais partager avec vous ce billet d’Isabelle Filliozat à propos de l’empathie comme alternative à la haine et la colère.

Il apparait dans un tout nouveau magazine consacré à la psychologie positive.

« Aeroport de Marignane, dans le hall après les contrôles, un jeune homme quitte son stand et vient vers moi.

« Je vois que vous avez une carte de fidélité Flying Blue », me dit-il. Je me sens me raidir…Je connais la règle des trois oui. Les commerciaux utilisent à leur profit les découvertes de la psychologie sociale. Oui à une première question nous dispose à répondre oui par la suite. Quand un vendeur a obtenu trois oui, il peut vous vendre presque n’importe quoi. Celui-là tente de me faire gagner des miles grâce à une carte de paiement. Le plus souvent, je souris et passe mon chemin. Ce jour-là, j’ai un peu de temps avant mon avion, je l’écoute. Gratuite, cette carte me fera gagner de l’argent à chaque fois que je l’utiliserai. Je lui explique qu’avec ma propre carte bleue, un peu d’argent est versée à une association écologique et/ou solidaire. Il finit par quitter son flegme et me lance : « C’est bien ce que vous faites, mais ça ne sert à rien. C’est fichu. » Je tente : « Chacun oeuvre comme il le peut. Moi à ma manière, vous à la vôtre, sûrement. » Là, il tombe le masque commercial : « Moi, j’oeuvre à ce que tout pète. On est des cons, on est des moutons…Ce monde occidental est pourri par l’argent. »

Je n’ai pu retenir ma question : « Alors pourquoi travaillez-vous au service d’une banque ? » La réponse me frappe de plein fouet : « Parce que je ne veux pas être à la charge de ma famille. »

Son désespoir me perce le coeur. Cet homme se sent prise pour un con par la société qui le contraint à se comporter comme un mouton. Bêtement, je tente de contrer son argumentaire en soulignant quelques initiatives positives. Je le salue et je m’éloigne. Un peu plus loin, je m’interroge. Pourquoi ne lui ai-je pas serré la main ? Où sont mes belles idées quand je me confronte à la détresse brute ? En tentant de le convaincre, je lui ai dit sans mots : nous sommes différents. Lui serrer la main lui aurait signifié : nous sommes les mêmes humains. Tous les humains ont besoin de reconnaissance. Sur l’instant, je n’ai pas saisi la profondeur de sa honte de faire ce travail au service de valeurs qui ne sont pas les siennes, de sa peur de ne pas joindre les deux bouts, de sa rage d’être contraint à être ce qu’il n’était pas. La violence de ses propos m’a fait peur et m’a éloignée de lui. L’agressivité, la violence sont des mécanismes de défense contre la honte, la douleur et la peur. Pour stopper la montée de la violence, nous avons un outil : l’empathie.

Merci monsieur, de m’avoir réveillée. »

Afin de poursuivre sur ce thème, je vous invite à lire cet article où Marshall Rosenberg nous donne les clés pour pratiquer l’empathie avec un autre fabuleux outil : la communication non-violente.

Source : Psychologie Positive (Mai-juin 2015)

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