Les parents toxiques en 13 points

Les parents toxiques en 13 points

L’association  des mots « parents » et « toxiques » peut sembler étrange mais il y a pourtant là un véritable sujet à considérer car c’est toute la capacité au bonheur des enfants et des futurs adultes qui est en jeu. Les influences néfastes agissent d’ailleurs souvent de façon pernicieuse. On évoque des mécanismes inconscients qui se perpétuent de génération en génération…

Il est donc temps de prendre conscience de leur réalité afin de s’engager dans un processus de rémission.

Afin de nous y aider, voici 13 signes qui dénotent d’une parentalité toxique. Il sont à considérer indépendamment les uns des autres mais peuvent malheureusement se cumuler.

 

  1. Ils usent de l’amour conditionnel : « Tu serais gentil de ranger ta chambre », « je serais tellement content(e) si tu… » : Ces formulations conduisent l’enfant vers une insécurité affective et la croyance que pour être aimé, il doit répondre à une attente extérieure, se conformer à une norme, fournir un résultat, etc. (développement dans cet article)
  2. Ils sont critiques : un parent toxique se concentre majoritairement sur ce qui est « mal » fait selon ses critères. Ce point de vue est ensuite adopté par l’enfant qui s’auto-dévalisera, ruminera mentalement, rendra son juge intérieur impitoyable et portera un regard pessimiste sur le monde qui l’entoure. Ajoutons que les reproches et critiques alimentent le stress et la dépression.
  3. Ils se moquent : la moquerie peut être considérée comme de l’humour…par des adultes. Mais pour des enfants, ce sont des de véritables blessures. Les moqueries directes et indirectes (propos tenus devant un enfant à son sujet) sont à ranger dans la même case : à éviter absolument.
  4. Ils font culpabiliser : « Qu’est-ce que tu m’as encore fait ? » « tu m’énerves » « je t’ai frappé/puni car tu m’as cherché » » tu me rends malheureux » « qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça »… la culpabilité est un poison qui agit longtemps…Notons que, par défaut, un enfant ne peut pas remettre en cause la validité d’un comportement d’un parent alors il revêt naturellement le costume de coupable.
  5. Ils étouffent ou nient les émotions des enfants : « mais non, tu n’as pas peur ! » « tu es une poule mouillée ou quoi ? » « tu n’as pas le droit d’être triste » : les émotions font partie de la réalité et de la personnalité des enfants. De plus, elles ont toutes leur utilité. Les nier, c’est donc entamer l’estime de soi des enfants et les priver d’une partie de leur potentiel. En effet, les neurosciences ont démontré qu’il est impossible de prendre une décision censée sans écouter les émotions.
    Un enfant/l’adulte qui prend l’habitude de réprimer ses émotions s’exposent à 3 effets :

    • L’effet boomerang : l’émotion est transformée en tensions et maux physiques contre soi. La personne conserve son émotion pendant des semaines, des mois, voire des années, ce qui peut entraîner des maux physiques ou psychologiques.
    • L’effet ricochet : l’émotion non exprimée à une personne sera exprimée à une autre. Tout le monde connaît ce phénomène très classique qui consiste, par exemple, à reporter sa colère à la maison contre son conjoint ou ses enfants parce que nous avons quelque chose qui nous a mis en colère au travail. Le conjoint réceptionne la colère, la déverse lui-même auprès de ses enfants, qui vont la déverser sur le chien en lui hurlant dessus… donc sur une personne non responsable de la colère initiale.
    • L’effet bulle : à force de conserver pendant des heures, des mois, des années des émotions non exprimées, elles vont prendre de plus en plus de place et vont s’exprimer un jour de façon disproportionnée.
  6. Ils contrôlent tout, surprotègent, se substituent aux enfants pour des tâches qu’ils savent pourtant faire : on appelle cela des parents hélicoptères. Cette surprotection a des conséquences sur le développement de l’enfant :
    • retard dans l’autonomie
    • estime de soi dégradée
    • peu de résistance à la frustration
    • faible capacité à décider, résoudre des problèmes et à prendre des initiatives
    • intelligence relationnelle peu développée
    • créativité en berne
    • peur de l’échec paralysante
  7. Ils donnent des ordres : un ordre est une tentative de soumission. Catherine Gueguen explique que « Si nous donnons des ordres à un enfant, soit il va se soumettre, s’inhiber et une partie de lui va s’éteindre, soit il va nous imiter. Il donnera des ordres à ses parents, à ses frères, à ses soeurs, à ses copains de classe. « 
  8. Ils usent de violence physiques et orales et de punitions (ainsi que de menaces) : 
    Des études ont montré à propos de la violence éducative  que :
    Fessées, punitions, gifles, humiliations, provoquent de la dépression, de l’anxiété, de l’agressivité, des troubles de la personnalité, des troubles dissociatifs, des addictions…
    Plus spécifiquement sur les punitions, fessées, menaces,… :

    • elles ne changent pas à long terme le comportement de l’enfant
    • si elles sont utilisées à des fins éducatives, elles produisent l’effet inverse en suscitant nervosité et anxiété
    • la violence se transmet. Des études ont prouvé que les enfants fessés par leurs parents se montrent belliqueux et agressifs à l’école.
    • la punition corporelle crée des distances entre les membres de la famille et les enfants qui la subissent ont un sentiment d’isolement et d’incompréhension qui les poussent à ne plus exprimer ce qu’ils ressentent.
    • l’autorité extérieure induite par la violence éducative bloque le développement de l’auto-discipline (et de l’autonomie). L’enfant est dépendant.
    • les enfants fessés éprouvent de la colère et de la méfiance à l’égard de toute forme d’autorité
  9. Ils offrent des cadeaux et de l’argent contre service/écoute/performance (ou privent de cela en cas de défaillance) : « si tu fais cela, tu auras un cadeau » « tu n’auras pas ton argent de poche si tu …. » : cette tactique renforce le matérialisme, détruit la motivation intrinsèque et la persévérance, dégrade l’estime de soi,  encourage au mensonge et à la manipulation…
  10. Ils isolent : j’inclus dans l’isolement : l’isolement physique et le mutisme du parent vis à vis de l’enfant (mépris). Selon Isabelle Filliozat, voici deux arguments à considérer si on estime que l’isolement physique permet de « réfléchir » : le premier argument est que l’enfant n’a pas la maturité pour « réfléchir » à ses actes avant treize ou quatorze ans.Le deuxième argument est que l’isolement va, au final, aggraver l’état psychologique de l’enfant qui se sentira encore plus seul, démuni et arrivera à la conclusion qu’il est mauvais et que ses parents ne l’aiment pas. Cet enchaînement d’états émotionnels provoquera même de l’agressivité en guise de processus de défense face à cette injustice.
    Pour le mutisme : il encourage l’enfant à « bouder » et lui inculque que la communication peut être considérée comme une récompense ou un privilège à accorder ou à retirer…
  11. Ils ne s’excusent jamais : s’excuser c’est avouer son erreur et ainsi se donner la chance de progresser. De plus, lorsqu’on ne le fait par en tant que parent et qu’on l’exige tout-de-même des enfants, une grande confusion s’installe tandis que, parallèlement, l’estime de soi de l’enfant diminue…
  12. Ils sont laxistes : le laxisme est l’absence de règles alliée à une tolérance extrême…or les enfants ont besoin de cadre pour s’épanouir et d’amour/d’attention pour grandir. C’est en cela que la bienveillance ET la fermeté sont efficaces.
  13. Ils posent des étiquettes et émettent des jugements : Voici ce qu’en dit Isabelle Filliozat : « Les définitions « il est lent « , « il est hyperactif « , « il est timide », « il est maladroit » » il est…  » constituent une tentative de lutte contre la blessure narcissique. C’est pour le parent une manière de faire porter à l’enfants la responsabilité de ce qui arrive et par là de s’en dégager. Hélas, ce faisant, l’adulte éloigne l’enfant de son coeur. En outre, les enfants ont tendance à répondre aux définitions que nous leur donnons d’eux. Ils se conforment à nos attentes ! Leur cerveau interprète nos commentaires et jugements comme des ordres (ou des objectifs). Si le parent le dit, c’est que c’est ainsi qu’il doit se comporter…  » Ainsi, les étiquettes deviennent de solides croyances qui s’auto-alimentent toute la vie !

 

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6 réponses

  1. Anonyme dit :

    Bonjours je croie que mon conjoints et un parents toxique il est toujours sur le cas de notre garçon y as jamais de possitif qui sort de sa bouche toujours du negatif et moi j en n est mare car je voie que mon garçon et malheureux.. J ai besoins de conseille

  2. Floriane dit :

    Bonjour,

    Je vous enjoindrais à faire attention, vous faites quelques raccourcis qui peuvent poser problèmes. Déjà, je trouve que ça fait panier à salade de mettre tout ça dans « parents toxiques », c’est une étiquette lourde à porter. Je ne dis pas qu’il n’en existe pas, je ne dis pas qu’il faut laisser faire mais il faut surtout éviter la culpabilité qui ne mène à rien et décrire tout ça me semble juste amener de l’amertume à l’enfant/parent qui l’aurait vécu sans rien résoudre.

    Ce que vous dites est vrai, tout ça fait du mal à l’enfant.
    Ce qu’il faut, c’est former et informer, donner des clés. Décrire pour décrire en revanche…

    Pour la définition de parents toxiques, je vous enverrais plutôt sur les écrits d’Alice Miller (ta vie sauvée enfin, c’est pour ton bien, etc.) qui est une pionnière du genre. Je crois que là, vous faites juste un amalgame avec ce qu’on appelle violence éducative ordinaire.

    Je rebondirais sur un autre point : le laxisme. Le laxisme, c’est passer outre nos besoins de parents et conserver de la rancoeur pour l’enfant puisqu’on nie nos propres besoins (bien évidemment, avant l’âge de 4 ans, voire plus, les besoins – pas les envies – de l’enfant passent avant les nôtres parce qu’il n’est pas capable encore de prendre du recul). Mais généralement, les parents laxistes laissent faire en passant outre leurs besoins puis pètent un plomb (parfois/souvent sur une broutille) et sont encore plus autoritaires que des parents trop autoritaires.
    L’enfant n’a pas besoin d’un « cadre », le cadre en question est différent selon les cultures. L’enfant a besoin que l’on respecte nos besoins autant que les siens. Il n’a pas besoin que l’on cède à ce qu’on croit être ses envies. Une envie peut être résolue en verbalisant « oh, elle est jolie cette poule en chocolat, c’est bon le chocolat, n’est-ce pas ? » (plutôt que « non, je ne t’achèterai pas de poule en chocolat » au magasin alors que l’enfant la pointe du doigt -> généralement, ça déclenche les pleurs, c’est tout) voire en utilisant l’imaginaire « tu imagines si on pouvait faire une poule en chocolat aussi grosse que la maison ? ». Si ça n’est pas le cas, c’est que l’envie cache un problème, un besoin non résolu – qui n’a généralement rien à voir avec la poule en chocolat soit-disant convoitée…
    Gordon, Filliozat, Gueguen, Ginott/Faber & Mazlich, Siegel et cie l’expliquent bien mieux que moi, mais attention aux raccourcis sur l’éducation sans violence qui peuvent de ce fait ne plus se trouver dans la bienveillance.

    Enfin, poser une étiquette… Oui, les étiquettes sont mauvaises, y compris « parents toxiques » y compris « parents hélicoptère », laxiste, etc. (de même que gentil, beau/belle, etc.). Je pense que vous aurez compris où je veux en venir.

    Effectivement, ici, vous listez tout ce qu’il ne faut pas faire… mais ça serait bien de proposer « ce qu’il faut faire » à la place parce que finalement, à part culpabiliser et se mettre la pression en se disant « punaise, je fais ça, je suis mauvais parent », ça n’aide en rien.
    Au pire, les plus réfractaires diront « c’est du n’importe quoi, on a toujours fait comme ça, ça va faire une génération d’enfant-roi » et j’en passe, sans leur expliquer qu’à la place de l’enfant, ils se sentiraient super mal de vivre ça et qu’il existe d’autres méthodes, sans leur expliquer que c’est le développement normal de l’enfant à tel âge, il en est à tel stade et qu’il ne cherche pas à tester ses parents mais à se construire et découvrir un monde dont il ne connaît rien.

    • Jeff dit :

      Bonjour, je comprends votre réaction et je note que vous êtes formatrice Faber&Mazlish (mes premières lectures dans la parentalité). Je ne définis pas la toxicité selon les critères d’Alice Miller (que je ne cite à aucun moment) car je considère que ce que vous définissez comme de la Violence éducative ordinaire est nocive sur le long terme (et donc toxique selon mon interprétation et mon vécu). Pour les solutions, elles sont présentes sur le site et dans les liens qui suivent l’article. Notons également que cet article ne s’adresse pas qu’aux parents mais aussi aux adultes ayant souffert de ce type d’éducation. Quant au titre, il rappelle en effet un des points. C’est volontaire.

  3. CARAYON dit :

    J’adore le commentaire de Floriane en tous points, votre article qui prône l’optimisme et le positivisme n’est que négatif. En tant que parent et enseignante, j’ajouterai que tous les parents sont nocifs car je n’en connai aucun capable de se tenir à tout vos points, sans compter que vous négligez de parler de la toute puissance chez l’enfant et que certains des points sont en contradiction les uns envers les autres… il ne faut pas punir mais pas être laxiste, nos enants doivent donc comprendre qu’ils doivent respecter les règles sans jamais leurs donner d’ordre!!!

    En ce moment montent des polémiques sur l’éducation en Suède, très interessantes à lire. A part ça je suis d’accord sur beaucoup de points avec cette approche de l’éducation par la communication non violente mais à la fin on a envie de dire:

    – et le bisounours il met le chocolat dans le papier allu!!!!

    Sans compter que je viens de me faire insulter! Et oui, je suis un parents toxique de temps à autres comme tout le monde!
    Tu dis qu’ils sont  »toxiques » selon ton vécu donc ne généralise pas.
    merci

    • Jeff dit :

      Merci pour cet avis. Les ordres et les punitions ne sont pas de la bienveillance. Le laxisme n’est pas non plus de la bienveillance. La violence n’est pas la solution dans l’éducation (ou ailleurs). Le recours à la force est juste inadmissible pour moi. On ne combat pas des enfants. On ne les soumet pas. Je ne cautionne donc absolument pas et suis en total désaccord avec vos arguments. Punition n’est pas le contraire de laxisme, le respect des règles n’est pas conditionné par la capacité à obéir aux ordres. Et dans l’apprentissage, puisque vous enseignez, vous devez probablement savoir que ce n’est pas l’autorité stricte et les menaces/punitions qui contribuent à prôner le respect mutuel, à favoriser les performances en classe et à faciliter la vie en communauté, mais l’empathie. On ne peut exiger d’un enfant/élève de ne pas pratiquer ce que nous lui montrons…Réveillons-nous. Les écrits de Marshall B. Rosenberg sont précieux sur ce sujet.

      Les points de l’article sont appuyés par des écrits de personnes telles qu’Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen (en plus de mon expérience, mes connaissances et mon vécu).
      On peut continuer à nier, critiquer, dénigrer,… ou se former, se remettre en question et apprendre. On peut rejeter l’étiquette « toxique » également. Les actes évoqués restent néanmoins nocifs. Pour finir, vous êtes sur un blog (le mien) et cet article répond à de nombreux lecteurs qui souffrent encore de pratiques éducatives/pédagogiques borderline subies dans le passé. Poser des mots sur leur ressenti, leur ôter la culpabilité qu’ils portent depuis l’enfance est une façon de les aider à avancer.
      Pour accompagner les nouveaux parents, les liens à la fin de l’article constituent des ressources gratuites et des occasions d’aller plus loin.

  4. assia dit :

    ce soir j’ai remis à sa place ma mère qui tentait de me rabaisser en disant après une dispute que j’ai toujours été comme ça je lui ai répondu que son opinion ne m’intéressait pas que j’étais très bien comme je suis et que je suis exactement comme j’ai toujours voulu être que je ne tolérerai plus jamais qu’elle émette de jugement sur moi à partir d’aujourd’hui et que je ne rentrerai dans aucun moule !ça m’a soulagée car j’avais besoin de lui dire ça depuis longtemps et du coup j’y crois vraiment à ce que je lui ai dit car je commence à me libérer des messages toxiques de mes parents et que j’ai subi toute ma vie !

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