Pourquoi je ne dis plus à mon fils qu’il est intelligent

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Comment réagiriez-vous dans le cadre de votre travail si on vous disait que vous êtes intelligent ?

J’y vois pour ma part au moins 4 réactions possibles :

– Je ressentirai une forme de pression car en réalité, on est ce que l’on fait. Or être qualifié d' »intelligent » implique que tous nos actes futurs devront être de cet ordre là. Quel stress !

– Je n’aurai plus envie de progresser ni d’apprendre. Si je suis déjà intelligent,  je vois difficilement comment faire mieux ! Je suis au maximum de mes capacités et je suis reconnu pour cela.

– Je serai encouragé à mon tour à segmenter le monde en intelligent et non-intelligent. Ce qui est totalement absurde quand on connait le véritable sens de l’intelligence (qui est multiple).

– je me demanderai si on ne se moque pas de moi.

 

Pour l’éducation, c’est pratiquement la même configuration.

Voici la comparaison point par point :

– un enfant à qui on dit « tu es intelligent » ressentira plus de stress s’il bloque face à une difficulté (ou un simple exercice de math). « Si je suis intelligent, pourquoi je n’y arrive pas ? »

– un enfant qui est qualifié d’intelligent va probablement se demander quel intérêt il y a à continuer à apprendre.

– un enfant dit « intelligent » va considérer qu’il y a les personnes « intelligentes » et les autres. Cela peut l’encourager à juger ses semblables et à les repousser s’il les considère trop « bêtes ».

– c’est sur le 4eme point que l’enfant et l’adulte ne réagiront pas de la même manière. L’innocence et l’absence d’expérience (et donc de feedback) ne laisseront pas penser l’enfant qu’on se moque de lui. Il ne percevra aucune ironie.

 

Voilà pourquoi, après quelques essais, j’ai arrêté de lui dire qu’il était intelligent.

Voilà comment je procède dorénavant :

Ma méthode

Je souhaite inculquer à mon fils une envie permanente d’apprendre. Ainsi, lorsque je dois le complimenter par rapport à une réussite dans le cadre de l’école par exemple, je ne lui dis pas qu’il est intelligent.

Je souligne et félicite simplement l’effort et l’acte d’apprentissage :

« Tes efforts ont porté leurs fruits. Tu as de nouveau bien appris et compris. »

Le « tu as de nouveau bien appris et compris » met en valeur la récurrence dans l’effort d’apprentissage et l’issue positive. Ce compliment aide mon fils à se forger une image positive d’un petit garçon qui aime apprendre. De plus, cela souligne que les échecs deviennent des réussites après une bonne dose d’effort et de créativité.

 

En tant que parents, nous devons encourager la curiosité de nos enfants, le goût de l’effort et la soif de connaissances.

Encourager leurs efforts d’apprentissage de la sorte les aide à avancer en restant ouvert et respectueux des autres.

 

Pour compléter avec des faits scientifiques (Mise à jour : 20/02/2015) :

réveillez votre génieAfin d’étayer scientifiquement cette approche, je vous cite le chapitre « L’effort dans le bonheur » du livre de Jean-Philippe Touzeau « Réveillez votre génie » (dont je vous conseille la lecture).

« Carol Dweck, une psychologue de l’université de Stanford (USA) a mené pendant plusieurs années des expériences sur des classes de pré-adolescents.

Elle donnait des exercices difficiles à faire à ces élèves avant de ramasser les copies. La classe était ensuite divisée en deux groupes :

– un que l’on félicitait pour son intelligence dans la résolution des exercices

– l’autre que l’on félicitait pour les efforts fournis.

 

Quand d’autres exercices encore plus difficiles leur étaient ensuite distribués, ceux qui avaient été complimentés pour leur intelligence voyaient leurs résultats se dégrader.

Les élèves de l’autre groupe dont les efforts avait été loués amélioraient leur performance en général.
De plus, quand Carol Dweck leur demandait s’ils voulaient tenter des exercices extrêmement difficiles, la majorité du premier groupe refusait alors que le deuxième groupe acceptait avec enthousiasme.

 

Enfin, quand la psychologue demandait à chaque élève d’écrire à des amis pour raconter leur expérience de ces tests, 40% des élèves du premier groupe mentaient et se donnaient des notes supérieures à celles qu’ils avaient réellement obtenues. »

 

Jean-Philippe Touzeau souligne la conclusion suivante :

« Si on explique aux enfants que le cerveau est comme un muscle et que plus on travaille dessus, plus il se développe, ils deviendront bien plus ouverts à l’effort, sachant que tout échec n’est que provisoire. »

 

Ces articles devraient vous intéresser :

Conseils lectures :

– Génie toi-même ! de Philippe Brasseur

– « Une tête bien faite :  Exploitez pleinement vos ressources intellectuelles » de Tony Buzan

 


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