« Il faut que », « je dois »… des expressions qui coupent la motivation d’agir. Voici comment s’en débarrasser.

« Il faut… », « Je dois… » sont des expressions qui évoquent la contrainte. Et forcément, là où il y a contrainte, il y a émotion désagréable et motivation en berne.

Ces expressions ont aussi d’autres sens perçus et conséquences néfastes : le déni de responsabilité et l’impuissance acquise . En effet, lorsqu’on profère à un enfant « Il faut travailler à l’école », « il faut manger pour grandir »,… on ne lui dit pas ce que nous souhaitons vraiment mais remettons cette responsabilité à une sorte d’autorité supérieure dénuée d’émotion. De plus, nous imprimons ces messages dans son inconscient…

Mais qui est donc cette entité supérieure qui devient une petite voix crispantes dans nos têtes tout au long de notre vie ? Sigmund Freud a trouvé un nom : le surmoi.

Le surmoi : il est majoritairement inconscient et exerce une fonction critique et de contrainte. Il s’enracine dans le ça et est donc peu accessible à la conscience. Le surmoi désigne la structure esthétique (beau/laid), idéale (prescriptions/proscriptions), judiciaire (récompenses/punitions), morale (bien/mal) et sociale (valorisé/dévalorisé). (voir cet article)

« Et on peut le calmer, ce surmoi ? »

 

Oui. Lisons la suite. Ou plutôt, choisissons de lire la suite. Ou bien « Vous avez besoin de lire la suite ? ». Ou encore « Vous préférez lire la suite ou continuer à subir la tyrannie du surmoi et de son cortège de ruminations mentales ».

Bravo pour votre choix. On continue.

 

Comment faire taire les « je dois… », « il faut… » ?

Etape 1 : Afin de calmer le surmoi dans son désir de tout contrôler, juger, évaluer et étiqueter, commençons par prendre conscience de sa présence puis reprenons la main. Comme indiqué plus haut, à chaque fois que vous pensez ou dites « je dois », « il faut », « je suis obligé », « c’est comme ça… », c’est lui qui parle. Le fait de le regarder dans les yeux lui fait comprendre que vous en avez assez de jouer les marionnettes de ventriloque. Virez le ventriloque et vivez !

Etape 2 : Parlons à la première personne uniquement. « je choisis » pour remplacer « il faut ». Le « je » nous engage, nous donne du pouvoir et nous responsabilise.

Etape 3 : Quand nous pensons « je dois », « il faut », etc. demandons-nous ce que nous choisissons de faire. Car, en effet, le malin juge nous prive de ces perspectives de choix…

Remplaçons donc « je dois » par « je choisis ». Cette première astuce nous permettra de gagner en motivation et en puissance tandis que la contrainte disparaitra.

Pour les enfants : Cette évocation et cette proposition de choix est très appréciée car elle les rend autonome, responsable et développe leur capacité de réflexion (et non de rumination). Ainsi, « il faut que tu te laves les dents » (contrainte) peut devenir « tu préfères te laver les dents avant ou après l’histoire du soir » (choix personnel et donc engagement).

Parmi les autres verbes efficaces :

« Je souhaite… »

« J’ai besoin de… »

« Je fais… »

« Je peux… »

« Je veux… »

« Je décide… »

« J’ai envie de… »

Etape 4 : S’encourager et encourager. Les encouragements permettent de renforcer des comportements. Quand on a choisi de faire quelque chose et que nous l’avons réalisé avec succès, félicitons-nous franchement !

« Bravo » est le terme de base pour encourager et s’encourager.

Quand nous nous adressons à un enfant, nous pouvons remarquer (sans juger) ce qu’il a réalisé en décrivant ce que nous avons devant les yeux afin qu’il mémorise ceci et éprouve de la motivation pour recommencer. On appelle cela un compliment descriptif.

Autre manière de s’encourager quand nous ne réussissons pas tout de suite : « se dire que nous n’y sommes pas ENCORE arrivé mais que ce n’est qu’une question de temps ». « Encore » et « pour le moment » sont des amis de la réussite prochaine disait un vieux sage perché sur une colline. Et il avait raison !

Enfin, prenons conscience du caractère relatif de l’échec : on peut recommencer, réparer, changer de méthode, etc. On a même le choix de lâcher prise et de trouver un objectif qui nous convient mieux.

 

Voilà, il faut que je vous laisse…ha bon ? Non, je choisis de vous laisser en espérant que vous aurez apprécié ce focus sur des expressions « anodines » qui sont comme des petits cailloux dans les chaussures. On marche mieux quand on s’en débarrasse.

je-dois

Pour en savoir plus sur le « surmoi », je vous invite à lire le livre de Saverio Tomasello :

3 réponses

  1. cocoheyoh dit :

    Merci, j’ai choisi de mettre un raccourci à cette page et compte bien l’écrire pour en prendre l’habitude (vous voyez, j’ai bien apprit la leçon ;-))

  2. Je choisis de me débarrasser des petits cailloux! 😉 Merci pour cet article!

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