Quels sont nos besoins fondamentaux ?

Eric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle, dénombre trois besoins fondamentaux qui se manifestent dès la naissance :

 

  • le besoin de stimulations
  • le besoin de signes de reconnaissance
  • le besoin de structure

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Le besoin de stimulations :

Ce domaine concerne essentiellement le domaine sensoriel. Un bébé a besoin non seulement de nourriture, mais aussi de lumière, de couleurs, de sons, d’odeurs qui activent les fonctions sensorielles.

Eric Berne a identifié ce besoin à partir des expériences de Spitz.

René Spits a suivi pendant plusieurs années deux groupes de nouveaux-nés :

– l’un d’un orphelinat où les bébés étaient coupés du monde et une seule infirmière s’occupait de sept enfants.

– l’autre dans un établissement semblable situé dans une prison où la mère prisonnière pouvait prodiguer chaque jour à son enfant soins et affection et où les enfants pouvaient observer les autres enfants et le personnel durant la journée.

A l’âge de 4 mois, le développement des enfants étaient quasiment identiques (avec même une légère avance pour le premier groupe). Mais dès la première année écoulée, les performances motrices et intellectuelles des enfants de l’orphelinat avaient pris un grand retard comparativement à celles des enfants de la prison, se montrant également moins curieux, moins enjoués et plus sujets aux infections. Durant leur deuxième et troisième année, les enfants élevées par leur mère dans la prison avaient un développement comparable à ceux élevés dans une famille normale à la maison, parlant et marchant avec assurance. Par contre, dans l’orphelinat, seulement deux enfants sur vingt six étaient capables de marcher et de bredouiller quelques mots. Depuis cette étude pionnière, de nombreuses autres expériences ont montré à quel point des privations sensorielles et sociales survenant lors de certaines périodes critiques au début de l’enfance pouvaient avoir des conséquences catastrophiques sur le développement ultérieur de l’individu. (source)

Pire que cela, un enfant qu’on ne touche pas et à qui on ne s’adresse pas dépérit et risque de mourir.

La privation affective, c’est ainsi que la nomme René Spitz, a des effets dramatiques.

Le besoin de stimulations est vital. Il s’illustre par des échanges sociaux (attention, dialogue, écoute,…) et une intimité physique.

Ce besoin demeure omniprésent y compris chez l’adulte. Le stimuli de contacts sont nécessaires à la survie physique et les stimuli sans contact jouent un rôle prépondérant dans la survie psychologique. Ce constat est valable à la fois dans le domaine personnel et professionnel.

 

Le besoin de signes de reconnaissance :

Ce besoin s’inscrit dans la suite logique du précédent. La quantité des signes de reconnaissance attendus dépend des individus, de leur histoire, de leur situation ou de leur âge.

Agnès Le Guernica explique que les signes de reconnaissance sont :

Verbaux ou non-verbaux.

– j’ai remarqué que tu avais aidé ton ami. J’apprécie quand tu agis ainsi.

 

Inconditionnels : ils sont donnés sans condition et concernent l’être.

– je t’aime tel que tu es.

 

Conditionnels : ils sont donnés pour ce que la personne a fait ou ce qu’elle a.

 

 

Positifs ou négatifs : selon que l’émetteur exprime l’intention d’être agréable ou désagréable.

 

Une chose est sûre, les signes de reconnaissance sont gratuits et il est toujours possible d’apprendre à les donner, les demander, les refuser, les accepter ou s’en donner soi-même.

Leur impact dépend de la sincérité avec laquelle ils sont émis et de leur tonalité (négative ou positive).

 

Le besoin de structure :

Nous sommes normalement habitués à être structurés dès notre naissance.Eric Berne a surtout développé la structure du temps et la structure du groupe. Nous allons nous concentrer sur la première et je vous invite à découvrir la seconde dans le livre d’Agnès le Guernic.

 

Il y a six manière s de structurer le temps :

– le retrait : nous nous isolons et nous nous privons des signes de reconnaissance de notre environnement.

– le rituel : il s’agit par exemple de saluer selon un rituel pratiqué par tous. « Salut, ça va ? ». On accorde à l’autre un moment d’attention stéréotypé. Les rituels ne procurent que peu de signes de reconnaissance.

– le passe-temps : on parle de tout et de rien. On s’adonne parfois à la critique. Le passe-temps permet de localiser les futures relations plus épanouissantes. C’est alors une sorte de « stade préliminaire d’observation ».

– l’activité : elle concerne la vie professionnelle, les activités de loisirs et la gestion de la vie quotidienne. L’activité est propice  aux échanges de signes de reconnaissance du fait du nombre de contacts possibles. C’est dans ce temps d’activité que les attentes sont importantes et que des salariés peuvent souffrir justement de ne pas recevoir suffisamment de signes de reconnaissance pour leur travail.

– le jeu psychologique : ce sont des séquences comportementales répétitives et non conscientes mises en place lors des apprentissages relationnels de l’enfance, dont l’aboutissement confirme chacun dans l’idée qu’il se fait de sa valeur et de son rôle. Ils produisent surtout des signes de reconnaissance négatifs. Les disputes de couple en font partie. D’ailleurs, ces jeux psychologiques parasitent le dernier point : l’intimité et la proximité.

– l’intimité ou la proximité : elle implique confiance et bienveillance réciproques. Paradoxalement, l’intimité est redoutée car la confiance a souvent été écornée par une mauvaise expérience passée. Cette intimité donne cependant du sens et de l’intérêt à notre vie.

 

Conseil lectures :

Pour la vie de tous les jours, je vous conseille la lecture d’analyse transactionnelle : pour mieux se connaitre et améliorer ses relations de Agnès Le Guernic.

 

Que dites-vous après bonjour de Eric Berne.

Pour le monde du travail : 65 outils pour accompagner le changement individuel et collectif de Arnaud Tonnelé

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