La honte, le poison de l’âme (avec Boris Cyrulnik)

mourir de dire Boris CyrulnikSi vous voulez comprendre pourquoi je n’ai rien dit, il vous suffit de chercher ce qui m’a forcé à me taire. Je vais donc me taire pour me protéger. Le honteux aspire à parler, mais ne peut rien vous dire tant il craint votre regard. Alors, il raconte l’histoire d’un autre qui, comme lui, a connu un fracas incroyable. À la honte qui me fait me taire s’ajoute, si je parle, la culpabilité de vous entrainer dans mon malheur. 

Chacun de nous a connu la honte, que ce soit deux heures ou vingt ans. Mais ce poison de l’existence ne crée pas un destin inexorable.”  (extrait de “Mourir de dire“)

Invité par Nicolas Demorand, Boris Cyrulnik évoque la honte, ce poison de l’âme.

 

Nous taisons la honte car nous craignons la réaction des autres. Il se peut même que nous nous fixions un objectif de réussite en guise de contre-poison, comme pour brandir une image de force et de courage, se convaincre et convaincre les autres. Mais ce n’est qu’illusion. La souffrance demeure là, au même titre que la rage, sourde.

Pour camoufler la honte, nous nous réfugions aussi dans la rêverie, le mensonge, l’exagération, la timidité, le déni, l’indifférence, le cynisme, des filtres qui nous coupent d’une réalité insupportable.

Comment sortir de la honte ?

Pour se libérer de la honte, Boris Cyrulnik suggère des solutions telles que la verbalisation émotionnelle auprès d’une personne prête à entendre, une personne bienveillante en qui on a toute confiance, un tuteur de résilience qui n’appartient pas forcément à notre environnement actuel. Cette expression de la honte (associée à une écoute soutenante dépolluée de jugement) contribue à un processus de restructuration cognitive et de réouverture sociale. Nous reprenons notre destin en main. Ce rapport humain, que l’auteur qualifie de “lien affectif stable” est le facteur de résilience le plus efficace.

Boris Cyrulnik cite d’autres actions qui participent à la résilience comme la religion.

Autres idées :

  • s’entraîner à ne plus juger mais à simplement observer en pleine conscience le monde qui nous entoure. Car lorsque nous jugeons, nous nous attendons à ce que les autres fassent de même. Et ceci amplifie le sentiment de honte et de dépendance vis à vis du regard d’autrui. La méditation pleine conscient aide à apaiser l’esprit et à perdre cette habitude.
  • l’écriture : lorsque nous écrivons ce que nous ressentons, nous donnons du sens à nos pensées et facilitons la sortie de la honte.
  • l’intégration ou la création d’un réseau social pour sortir de l’isolement et se sentir utile.
  • les projets : se fixer des objectifs auto-concordants donne du sens à la vie et permet de se remettre en marche avec une direction. De plus, cela procure un sentiment de contrôle retrouvé pour dépasser l’impuissance et la victimisation.
  • la compassion : faire preuve de compassion soulage.
  • l’optimisme et la psychologie positive : apprendre à réinterpréter les évènements et à cultiver les émotions positives est salvateur.
  • les romans et le cinéma pour aider à prendre de la distance et changer de perspective/croyance.

 

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