Les poisons dans la communication : reproches, accusations, insultes, dénigrements, étiquetages, comparaisons,…

les mots sont des fenêtres« Certaines façons de communiquer nous coupent de notre bienveillance naturelle » selon Marshall B. Rosenberg.

Il évoque même les termes de « communication qui coupe de la vie » ou de « communication aliénante ».

Ces manières de nous exprimer nous empêchent d’établir des rapports bienveillants et authentiques avec autrui. Plus important encore, cette approche nous confine dans un scénario de vie dans lequel nous n’assumons pas nos propres responsabilités et sommes incapables d’identifier et d’assouvir nos besoins sans blesser.

 

Certaines façons de communiquer nous coupent de notre bienveillance naturelle

Les signes d’une communication aliénante

Les émissaires de cette communication aliénantes sont : les reproches, les accusations, les insultes, les dénigrements, les étiquetages, les comparaisons, les exigences et autres diagnostics moralisateurs.

Exemples :

« Le problème avec toi, c’est que tu es tellement égoïste… »

« Elle est paresseuse ».

« Ils sont bourrés de préjugés. »

« Ce n’est pas correct. »

« A cause de toi, je n’y suis pas arrivé. »

« Tu m’as fait beaucoup de peine. »

 

Jugements et besoins

« La communication aliénante nous enferme dans un monde où tout est polarisé entre le bien et le mal, dans un monde de jugements. »

Or, notre analyse d’autrui est en fait l’expression de nos propres besoins et sentiments. Ce n’est donc pas en nous focalisant sur les torts de l’autre que nous travaillons à satisfaire nos propres besoins.

Exemples :

Votre conjoint a besoin de plus d’attention ? Il/elle est exigeant(e) et dépendant(e).

Si c’est moi qui est besoin de plus d’affection, l’autre est qualifiée de « lointaine et insensible ».

 

Conséquences d’une communication aliénante

Les réactions des autres face à ce type de communication sont  : résistance et défense. Et les émotions ressenties sont la honte, la culpabilité, la crainte ou la peur.

Marshall B. Rosenberg  : « Je ne suis pas surpris d’entendre que dans les cultures qui pensent en termes de besoins humains, il y a beaucoup moins de violence que celles où l’on s’entre-étiquette de « bons » ou « mauvais » et où l’on soutient que les « mauvais » doivent être punis.

La violence-qu’elle soit verbale, psychologique ou physique, qu’elle se manifeste au sein de la famille, entre des tribus ou entre des nations-émane d’un mode de pensée qui attribue la cause du conflit aux torts de l’adversaire et d’une incapacité à admettre sa propre vulnérabilité ou celle de l’autre- c’est à dire à percevoir ce qu’on peut ressentir, craindre, désirer, etc. »

 

Refus de responsabilité

Le refus de responsabilité est une forme de communication aliénante. Elle apparait dans les expressions comme « il faut » ou « tu me… ».

Marshall B. Rosenberg cite des causes de refus de responsabilité

  • des forces impersonnelles et vagues : j’ai nettoyé ma chambre parce que j’y étais obligé.
  • notre état de santé, au diagnostic dont nous sommes l’objet, ou à nos antécédents individuels ou psychologiques : je bois parce que je suis alcoolique.
  • les actes d’autrui : j’ai frappé mon enfant parce qu’il courait dans la rue.
  • le diktat d’une autorité : j’ai menti au client parce que le patron me l’a demandé.
  • la pression sociale : j’ai commencé à fumer parce que tous mes amis fumaient.
  • une politique institutionnelle, des règlements, des lois : je dois vous renvoyer pour cette infraction car c’est la politique de l’école.
  • la fonction attribuée à un sexe, à un groupe social ou à une tranche d’âge : je déteste aller travailler, mais j’y vais car je suis père de famille.
  • des impulsions incontrôlables : j’ai mangé un gâteau parce que c’était plus fort que moi.

 

Notons pour finir que si nous exprimons nos désirs sous forme d’exigences, nous faisons planer sur l’autre la menace d’un reproche ou d’une punition/sanction.  C’est un rapport de forces qui se retournent le plus souvent vers celui qui l’utilise. Il est donc essentiel de « demander » sans exiger selon le processus de communication non-violente.

 

Conclusion :

Plus que jamais, la communication non-violente de Marshall B. Rosenberg apparait comme une solution efficace pour pacifier nos rapports avec autrui, se reconnecter à soi, prendre conscience de notre capacité à choisir et de notre responsabilité et répondre à nos besoins tout en demeurant à l’écoute de ceux des autres.

 

Je vous recommande la lecture du livre de Marshall B. Rosenberg : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des mots) (disponible sur Amazon, dans votre bibliothèque ou chez votre libraire).

 

1 réponse

  1. Ebtissem dit :

    Bonjour,
    Excellent article, les besoins n’ont satisfaits sont souvent la source de conflits. J’aime beaucoup la cnv, ça a totalement changé ma façon de communiquer avec mon fils.
    Merci pour cet article 😉

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